Mlle. Colette DIGUE, une figure historique de l’Education Spécialisée et de l’Action Sociale en Lorraine

Mlle. Colette DIGUE (12 mai 1922 – 19 décembre 2017) – En religion : « Sœur Jean Benoit » de la Congrégation des Petites Servantes du Cœur de Jésus.

Une figure historique de l’Education Spécialisée et de l’Action Sociale en Lorraine

Franc-Comtoise d’origine, née le 12 mai 1922 à Delle, dans le Territoire de Belfort, Colette Digue, après son noviciat et le prononcé de ses vœux en 1952, en prenant en religion le nom de « Sœur Jean Benoit » au sein de la Congrégation des Petites Servantes du Cœur de Jésus, s’est installée au sein de la communauté de Nancy qu’elle ne devait quitter – contrairement à la tradition qui prévoyait un changement de communauté tous les trois ans – qu’en 2003, à un âge avancé, pour vivre ses dernières années dans un établissement spécialisé de Lyon.

portrait Colette DIGUE 2005 11 12 extrait photo JB  12/11/2005 – photo Jacques Bergeret

C’est une figure de l’Éducation Spécialisée et de l’Action Sociale en Lorraine qui disparaît, après une vie professionnelle dédiée à la formation, d’abord des éducatrices spécialisées dans la mouvance catholique des écoles « du chanoine Barthelemy » de l’A.M.C.E. (Assistantes et Monitrices Catholiques de l’Enfance) ; puis, plus largement, des travailleurs sociaux garçons et filles, dans un cadre laïque, constitutif, après les restructurations nancéienne puis régionale des centres de formation professionnels, de l’Institut Régional de formation de Travailleurs Sociaux que nous connaissons aujourd’hui, IRTS de Lorraine implanté à Nancy et à Ban-Saint-Martin/Metz.

Après sa sortie du noviciat, elle se retrouva en communauté auprès des sœurs Mlles. Daumail et Thouvenot qui avaient commencé à faire fonctionner cette École d’Éducatrices de Nancy, seconde en France après celle de Neuilly des « écoles du chanoine Barthélémy », et avant que d’autres de la même mouvance soient implantées en France.

En tant que jeune religieuse, elle travailla près des jeunes étudiantes pour la mise en stages, ce qui nécessitait la mise en relation avec les établissements et services du secteur de l’enfance inadaptée de l’époque, où les jeunes effectuaient leurs divers stages.

Grâce notamment à ses exigences pétries de valeurs humaines, à sa fondamentale gaîté, à sa foi en l’avenir et à son remarquable réseau relationnel fidèlement entretenu avec le concours d’une mémoire phénoménale, l’école avait très vite acquis sur le territoire national et au-delà, la meilleure réputation de sérieux.

Ne souhaitant jamais le titre de directrice, Mlle. Digue continua plus tard à donner toute sa mesure en secondant d’abord le premier directeur nommé en 1963 par le Ministère des Affaires Sociales, Mr. l’Abbé André Pérard[1] – Docteur d’État és-Sciences Naturelles alors chargé d’enseignement à l’Université de Nancy II et, au titre du diocèse de Nancy-Toul, de la catéchisation des enfants handicapés, puis Pierre Achour qui donnera à l’école le nom d’Institut de Formation et de Recherche en Action Sociale (IFRAS).

Elle a marqué des générations d’étudiants et de professionnels par son bon sens, la justesse de ses positions et la manière enjouée associée à une fermeté toujours bienveillante qu’elle avait d’animer le rôle essentiel qui était le sien de directrice adjointe ; cela jusqu’à sa retraite fin 1986, lors de la fusion de l’IFRAS avec l’Institut Paul Meignant de Laxou jusqu’alors géré par le CREAI de Lorraine.

Sa joie était grande de se retrouver avec d’anciennes élèves. Elle les épatait en se souvenant de leur nom de jeune fille, des stages qu’elles avaient fait, du nom de leurs enfants… Ces dernières attestent encore aujourd’hui qu’elle était l’âme de l’école, et lui gardent une sorte d’affection, car, si Mlle. Digue aimait ses élèves et ses collègues, en retour, tous ceux qui l’ont connu, tout simplement l’aimaient !

La disparition de Mlle. Digue, en cette année jubilaire du centenaire de sa congrégation, nous invite à tenter un point d’histoire pour situer cette première école d’éducateurs spécialisés lorraine au regard de l’oeuvre de départ porteuse d’une conception chrétienne de l’éducation, bientôt mêlée positivement avec les courants laïques de la formation, et de la trajectoire résultante fondatrice de l’Institut régional de formation actuel.

Jacques BERGERET

La suite du texte est téléchargeable ici :171228cnahesL Mlle DIGUE par J.Bergeret

[1] Né le 24/05/1924 à Mars-la-Tour (54) et décédé le 29/02/2005 à Nancy.